Et ... si Christophe Colomb était vraiment allé en Inde ...

 

A cheval sur un lama, nous Jojo et Lulu, petits Ponts-de-Céais, arrivons bientôt au pays des Incas. Nous sommes accompagnés du célèbre aventurier Christian qui va tenter de gravir l'Aconcagua.Il doit se séparer de nous pour accomplir sa mission . Il nous confie à son collègue le chasqui Tita Titou qui sera notre guide pendant notre séjour. 


Tita Titou nous retrace avec fierté l'histoire de son peuple

L'empire le plus puissant de l'Amérique latine a été créé par les Incas qui résidaient à l'origine au Pérou. Il s'agissait d'une petite tribu guerrière "pas très tendre" avec l'ennemi. Au XIIè siècle, ils commencent à se déplacer dans la vallée de Cuzco, où ils soumettent les peuples voisins à leur autorité et fondent la cité de Cuzco.

Ils explorent, conquièrent de nouveaux territoires et établissent l'empire le mieux organisé et le plus puissant de l'Amérique latine jusqu'en 1530 (découverte de l'Amérique par Christophe Colomb).

Entre le XIIè et XVè siècles, douze empereurs se succèdent. Ils construisent de grandes cités et gouvernent sur un vaste territoire, couvrant ce qui est aujourd'hui le Pérou, l'Equateur, l'ouest de la Bolivie, le nord du Chili et le nord-ouest de l'Argentine.

 

Tita Titou continua son récit, mais adopta un ton plus grave :

Une poignée d'Espagnols a détruit l'empire Inca.

En 1532, attiré par la richesse de l'empire Inca, le conquistador Pizarro, débarque sur les côtes du Pérou. Le pays est en pleine guerre civile, ce qui facilite la conquête espagnole. Les Incas les accueillent avec plus de curiosité que de crainte. Les nouveaux venus à la peau claire, sont-ils des dieux ?

En quelques années, les conquérants prennent possession de tout l'empire, organisent le travail forcé et pillent les richesses. Ils ont conquis le Pérou pour "civiliser les indigènes". Pendant que les soldats espagnols pillent l'empire Inca, les missionnaires tentent de convertir les indiens au christianisme.

L'empereur Atahualpa est fait prisonnier, Pizarro promet sa libération en échange d'or ; la rançon du vaincu : une salle remplie d'or. Porteurs et lamas ploient sous le poids de huit tonnes d'objets d'art en or. Ces merveilles sont fondues et transformées par les Espagnols en simples lingots. N'ayant d'autre valeur que la fabrication d'objets d'art, l'or et l'argent étaient appelés "larmes du Soleil et de la Lune". Un mois pour tuer un art et le transformer en doublons. Pas une pièce d'or de la rançon ne fut épargnée et Atahualpa l'Inca ne le fut pas non plus. Atahualpa fut jugé et pendu par les Espagnols le 29 août 1533. Les Incas perdirent leur dieu, leur Soleil vivant et n'eurent plus aucune raison de lutter.

Alors les Espagnols nous appelèrent les Indiens. Ils nous ont exploités en nous faisant travailler dans des conditions proches de l'esclavage nous dit Tita Titou.


Peux-tu nous dire comment vivaient les Incas ?

"Ta mission est de donner à boire au Soleil, le sang de tes ennemis..." Ce discours est tenu au nouveau né si c''est un garçon, afin de lui promettre une vie de guerrier. Dès 6 ans, l'éducation des jeunes nobles est assurée par les "amautas" (les sages).

Une fois par an, l'envoyé de l'Inca classe les jeunes filles âgées de 8 à 12 ans en "belles" ou "laides". Les laides deviennent les épouses des gens du peuple, les belles "les acllacunas" deviennent les concubines de l'empereur (le Sapa Inca) ou épouses de nobles ou élevées comme vierges du Soleil. Elles sont parfois sacrifiées pour les grandes occasions (fête du Soleil, funérailles d'un empereur...)

Au sommet de la pyramide sociale, il y a le Sapa Inca, l'Empereur et la Coya à la fois soeur et épouse légitime. Le Sapa Inca est le fils du "Soleil", intermédiaire entre le monde divin et la Terre. Il est vénéré comme un dieu et porte le titre de Sapa Inca.

Le Sapa Inca règne sans partage, en s'appuyant sur une armée puissante, une administration efficace qui coordonne toute l'économie du pays et assure l'essentiel à chaque personne.

 

Passant devant un temple Inca d'une grande beauté, Tita Titou nous expliqua les grandes qualités techniques de son peuple.

Les Incas sont de remarquables cultivateurs qui produisent : maïs, pommes de terre, fèves, tomates, avocats, potirons, haricots, piments, cacahuètes....

Les Incas construisent des terrasses en montagne afin d'éviter que les sols ne soient emportés par les pluies. Ils savent mettre au point et utiliser des fertilisants pour enrichir leurs terres. Ces méthodes "modernes" s'associent à des croyances. Ils enterrent des figurines en pierre ou effectuent des sacrifices pour avoir de meilleures récoltes, car la "Pachamama" (terre nourricière) est difficile à satisfaire.

Pas besoin d'arrosoir, mais un système d'irrigation très efficace : ils construisent des aqueducs, détournent des rivières, pour développer leur agriculture. Le lama ne crache pas sur le travail, c'est la seule bête de charge utilisée pour les transports. Ingénieurs, architectes et bâtisseurs construisent d'impressionnantes cités, temples et forteresses.

 


Tita Titou, raconte-nous comment vous viviez ?

Donner et recevoir : l'entraide mutuelle est l'objectif de l'Inca. Tous travaillent, ont une tâche à effectuer à l'exception des malades, vieillards et jeunes enfants. Pas d'argent, mais un partage de la production dans toute la société, il y a un équilibre entre ce que le peuple donne à l'Etat et ce que l'Etat donne au peuple. Discipline et organisation permettent à chacun d'être respecté, d'avoir sa place et de ne jamais manquer de l'essentiel.

 Tout au long de notre trajet Tita Titou, continua son travail et nous l'expliqua

Aucun pays au monde ne possède un réseau routier aussi bien entretenu et une distribution du courrier aussi rapide. Ils construisent des routes le long desquelles soldats, vivres, ordres et nouvelles circulent vite et facilement. Grâce à un système de coureurs à relais, "les chasquis" portent les messages aux 4 coins de l'empire. Tous les 3 kilomètres, le chasqui trouve un endroit pour se reposer et transmettre son message à un autre chasqui. Deux voies principales parallèles traversent tout le pays en longueur et d'innombrables chemins transversaux font la liaison. Tout au long de ces routes, tous les 20 kilomètres des "tambos" (magasins et hôtels, où les responsables maintiennent des réserves de nourriture et de vêtements) attendent les voyageurs et les chasquis.

En quelques jours, des centaines de chasquis, parcourent plus de 20 000 kilomètres dans toutes les directions se transmettant de bouche à oreille les messages. Sans savoir ni lire ni écrire, ils enregistrent les faits essentiels : le "quipu" (petite corde avec des noeuds) permet de se souvenir des événements importants, de transmettre des messages, de tenir la comptabilité et les statistiques de l'empire.

Comment soignait-on les gens de ton peuple?

Pour guérir un malade, celui-ci doit être mis en communion avec la nature et prendre des remèdes à base de plantes car la maladie est avant tout une punition des dieux ou le résultat d'un sortilège: le soin commence donc par l'expulsion, hors du corps des "mauvais esprits". La coca permet d'anesthésier les patients ou les sacrifiés : ouvrir le crâne des malades permet l'envol des mauvais esprits en cas d'échec des méthodes de soins traditionnelles. Les connaissances chirurgicales des Incas leur permettent d'effectuer avec succès des trépanations, amputer des membres et réaliser des prothèses. Gare au médecin dont le malade meurt ! il peut lui en coûter la vie.


 

Le chasqui s'arrêta un moment, le temps de remercier le dieu du Soleil par une prière.

Croyances et superstitions accompagnent les cérémonies et les fêtes. Le Sapa Inca, fils du Soleil représente l'autorité du Soleil auquelle doivent se soumettre tous les autres dieux. Afin de soulager les cadavres du poids de la terre, les anciens les déposent sous des voûtes ou dans des cavernes : dans le monde Inca, les morts sont vénérés et leurs corps soigneusement conservés : on craint qu'une personne mal intentionnée ne s'empare d'une momie et puisse dominer les descendants du défunt.

Le rival du Soleil : la légende raconte qu'un Inca dit un jour aux prêtres qu'il existe un dieu plus puissant que le Soleil : le Viracocha "l'écume de la mer" !

Les Incas pensent que des esprits animent les choses et lorsqu'une divinité se manifeste dans un objet, il prend le nom de "Huaca."

Comment la justice était-elle organisée ?

"Ne mens pas, ne vole pas, ne paresse pas "sont les 3 règles d'or : on ne plaisante pas avec la justice de l'Inca. Les Incas sont respectueux des lois car ils ont tout ce dont ils peuvent avoir besoin d'essentiel dans leur vie. Il n'y avait pas de prisons mais les châtiments sont impitoyables.Meurtre, offense à l'Inca et blasphème contre les dieux sont atrocement punis.

 

Voyage dans les Andes: nous décidons d'entreprendre la visite de deux cités

Machu Picchu la cité perdue : si l'on vient par la vallée, elle est invisible, cachée au coeur des rochers, seule une route de crête peut vous y conduire. Construite en granit clair, arrachée à la montagne, cette forteresse abrite le couvent des vierges du Soleil et 200 autres bâtiments. Elle fut inconnue des hommes blancs et des envahisseurs pendant des siècles. Sa découverte ne date que de 1911.

Nous rejoignons ensuite Cuzco

Cuzco le "nombril" Inca est le centre d'un grand empire fondé par le premier, Manco Càpac. Manco Càpac a créé l'empire avec sa soeur et épouse Mama Occlo. Accompagné de son épouse, il est parti du lac Titicaca muni d'un bâton d'or. Là où le bâton s'enfonce dans le sol, Manco Capàc et Mama Occlo doivent bâtir une nouvelle ville. Les Incas avaient mis 200 ans à construire leur empire, les Espagnols ont mis 15 ans à le détruire. En un mois, les Espagnols ont transformé des oeuvres d'art, l'orfèvrerie Inca en simples lingots d'or. Cuzco fut le centre d'un grand empire qui courait de l'Equateur jusqu'au sud du Chili actuels. Une administration entièrement contrôlée par l'Inca, une langue officielle "le quechua", 12 000 kilomètres de routes maintiennent l'unité des peuples. Grâce à cette organisation, l'empereur sait rapidement tout ce qui se passe d'un bout à l'autre de son immense territoire et peut tout contrôler. Selon la légende, la ville avait la forme d'un puma.

 

Après notre périple avec Tita Titou, nous retrouvons Christian qui n'a malheureusement pas réussi à parvenir au sommet de l'Aconcagua, mais il est très satisfait de son voyage. Il est temps pour nous de rentrer aux Ponts-de-Cé; Nous saluons Tita Titou et le remercions pour cette merveilleuse aventure.

 

Sur les traces des Incas en 1999

 En Amérique latine, sur les territoires qui composaient l'Empire Inca, 6 à 7 millions d'Indiens sont des descendants des peuples précolombiens : ils sont pour la majorité, catholiques. Mais malgré l'oppression et leurs efforts, les Espagnols n'ont pas réussi à couper les Indiens de leurs anciennes traditions religieuses. Les Indiens du Pérou pratiquent encore le sacrifice de certains animaux et vénèrent les "huacas", sortes d'esprits Incas qui habitent toujours les montagnes, les collines et les lacs. Les armes à feu et les chevaux qui couraient plus vite que le vent, les frondes contre des cavaliers cuirassés, deux conceptions de la guerre, l'une européenne fondée sur l'improvisation et les attaques surprises, l'autre andine soumise à de complexes rituels, ont fait la différence et "joué" sur le destin de l'Empire Inca .

Pour les Incas, les conquistadors avides de métal jaune étaient de véritables "sauvages" ignorant la vraie valeur des choses.

 

 

Sommaire général
Sommaire Aconcagua